19 novembre 2013

La sage-femme dans l'Ancien-Régime

Il n'est pas rare que l'on rencontre, à la lecture des registres paroissiaux, la mention d'une sage-femme présente à la naissance d'un enfant et même lors de la déclaration auprès du curé. On remarque que le rôle de la sage-femme était bien sur d'assister la mère lors de l'accouchement mais aussi et surtout de témoigner du nom du père en cas d'une naissance illégitime ou encore d'ondoyer l'enfant s'il y avait un risque de décès. Leur rôle était alors loin d'être médical. J'ai plusieurs fois retrouvé la mention d'une sage-femme lors de mes recherches:
 
Recoin, La Bâtie-Divisin, 1666
Le 21e décembre 1666, Claudine Monin et Suzanne Monin ont été par les suffrages communs des femmes de ma paroisse, choisies pour faire la fonction de sages femmes. Lesquelles ont entre mes mains, par attouchement du livre des Saints-Évangiles, promis de s'acquitter fidèlement de cette charge et de ne rien faire contre leur devoir. Ainsi je l'atteste. Charreton curé.
 
St Geoire-en-Valdaine, 1730
Le 6e juin 1730 nous avons reçue Magdelaine Malacour femme de Claude Gallin-Martel, pour faire les fonctions de sage-femme dans cette paroisse. Ayant été jugée capable par l'examen que nous avons fait et par le témoignage qui nous a été donné par plusieurs femmes, en suite de quoi nous lui avons fait prêter serment d'agir sagement, prudemment et fidèlement, ce qu'elle nous a promis ce dit jour et an. Drevon curé.

La mortalité infantile et des mères en couches était extrêmement élevée dans l'Ancien-Régime et surtout en milieu rural par manque général de connaissances. Outre la mortalité, on peut noter un nombre important d'enfants malformés dû aux incompétences des matrones. Un serment et de bonnes mœurs étaient suffisants pour accéder à la fonction d'accoucheuse. Et pour les femmes bourgeoises les plus "chanceuses" on avait recours à un médecin ou chirurgien, tel que le montre cette gravure.
 
Abraham Bosse, L'accouchement (1633), Image de la BnF http://expositions.bnf.fr/
 
L'obstétrique commencera à être développée dans la seconde moitié du XVIIIe siècle mais se rependra très lentement à l'ensemble de la France. Si bien que la situation des femmes sera encore presque inchangée au début du XIXe siècle. Voici quelques uns des outils qu'utilisaient alors les accoucheurs.



 

 
 
Sources:
- registres paroissiaux de Recoin et St Geoire en Valdaine
- Jean-Louis Baudelocque, L'art des accouchements, 1789
- Images de la collection BIU Santé, Paris http://www2.biusante.parisdescartes.fr/img/ 
- La population française aux XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles, Benoit Garnot 1988

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