14 décembre 2013

1771: La première mission à Charavines

Pierre Millias et Marguerite Bouvier, bourgeois et propriétaires d'un domaine agricole à Louisias, hameau de Charavines, formaient un couple pieux et apprécié de leur communauté. Pierre fut d'ailleurs inhumé en 1766 "en présence de presque toute la paroisse" d'après le témoignage du curé. Il laissait six enfants, dont un fils unique nommé Jean-François, né le 13 juin 1753 et qui était le dernier de son nom.
 
signature de Pierre Millias
 
Jean-François Millias se destinait au métier de notaire et fit des études à Grenoble. Mais il décède à l'âge de 18 ans, le 30 juin 1771. Dans son testament rédigé le 17 juin de la même année, il désigne sa sœur Françoise comme héritière. Il la chargea également de réaliser la première mission catholique dans leur paroisse. Il légua ainsi: «96 livres à monsieur Mallet curé du dit Charavines, pour les messes de repos de son âme [...] et dans le même temps, lègue et veut le dit sieur testateur qu'il soit fait une mission dans l'église du dit Charavines, icelle mission payée par son héritière bas nommée, dans trois années à compter du décès de lui testateur».
 
acte de sépulture de Jean-François Millias, 1771
 
 
L'abbé Mallet de Charavines nous apprend par ses registres paroissiaux, en janvier 1775, le bon déroulement de cette mission.
 
"Il est inouï que jamais il y ait eu ici de mission, jusqu'à ce jour 8 janvier 1775 qu'elle nous a été portée par les missionnaires de Saint-François de Sales, faussement appelés de Saint-Joseph. Ces messieurs furent fondés près de Sainte-Colombe par monsieur Cretenel, il y a près de quatre-vingt ans. Les trois qui sont venus ici s'appellent: Martinol qui a fait l'ouverture, Hainselin et Mical qui ne sont venus que trois jours après. Cette mission est un fruit de la piété de sieur Jean-François Millias, jeune homme de vingt un ans, dernier de son nom, au hameau de Louisias, qui chargea sa sœur et héritière de cette bonne oeuvre dans son testament, à la charge que la mission serait donnée trois ans après son décès. Ce qu'on vint d'éxécuter moyennant la somme de dix louis que l'on donne pour quatre semaines que durera la mission. La dite somme de deux cent quarante livres comptée par sieur Guillaume Prieur-Bardin, mari de la dite héritière, demoiselle Françoise Millias. En foi de quoi nous avons signé. Mallet, curé de Charavines."

Un traité fut conclu le 22 août 1771 entre les héritiers de Pierre Millias: le domaine de Louisias revint à Françoise Millias et son époux Guillaume Prieur-Bardin.
 
 
Sources:
- Registres paroissiaux de Charavines
- Registres de Me Cret, notaire à Charavines

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